Portfolio

Ces textes sont issus de récits de vie, de témoignages et d’entretiens recueillis auprès de femmes et d’hommes aux parcours singuliers.

Certains souhaitaient transmettre leur histoire à leurs proches.

D’autres avaient besoin de mettre des mots sur des souvenirs longtemps tus.

Chaque récit est né d’un temps d’écoute, d’échanges et de confiance.

Mon rôle est de recueillir ces paroles avec respect, de les retranscrire avec fidélité, et de leur donner une forme qui puisse être lue, transmise et conservée.

Les extraits ci-dessous offrent un aperçu de mon travail. Ils sont volontairement courts, pour laisser place à l’émotion… et à l’imaginaire.

Agriculteurs de père en fils‌

Témoignage recueilli auprès d’un agriculteur né en 1929, retraçant l’évolution du monde agricole et ses bouleversements au fil du XXᵉ siècle.

« J’ai connu les grands bouleversements de l’agriculture du XXᵉ siècle. »

« Nous pensions que tout cela améliorerait notre vie, mais nous avons découvert que c’était l’inverse. Nous courions toujours après l’argent, tandis que les dettes continuaient de s’accumuler. »

Derrière les machines et le progrès, il y a des vies qui se sont adaptées, parfois au prix de grands sacrifices.

Tracteur vintage pony, témoin du monde rural d'antan
Georges Brassens tenant son chat dans ses bras, philosophe malgré lui

Solitaire, mais solidaire‌

Extrait d’un entretien audio de Georges Brassens retranscrit et réécrit avec fidélité, dans le respect du rythme et de la pensée de l’interlocuteur.

« Je me considère comme un solitaire, mais solidaire. Les autres sont indispensables et je m’abstiendrai d’établir une hiérarchie entre nous. »

« Une question enferme : elle exige une réponse immédiate. Mais une réponse figée dans l’instant ne reflète qu’une partie de la vérité. »

Écouter, c’est parfois savoir laisser l’autre penser à voix haute.

Enfance et guerre

Témoignage recueilli auprès d’un homme ayant vécu son enfance pendant la Seconde Guerre mondiale.
Un récit transmis avec le regard de l’enfant qu’il était alors.

« Je ne ressens pas les tensions qui éreintent le reste du monde. Parfaitement protégé par mes tantes ainsi que par le reste de mon entourage, je ne subis nullement le poids de la guerre. »

« Malgré tout, la vie ne sera plus jamais comme avant. Car je ne peux m’empêcher de constater que, parmi les familles juives qui résidaient ici avant la guerre, très peu sont revenues. »

Même protégées, certaines enfances portent en elles la mémoire d’un monde qui a basculé.

un enfant couché sur un chemin de terre dans les années 1930
un enfant assis seul sur un banc en dessous d'un arbre

Enfants de la Creuse

Témoignage recueilli auprès d’une femme ayant fait partie des enfants réunionnais déplacés en Métropole entre les années 1960 et 1980, sans le consentement de leurs parents.

Un récit de déracinement, de silence et de quête de vérité.

« Ce sentiment de déracinement que je portais en moi depuis des années n’était pas une illusion de mon esprit. Ma maman ne m’avait jamais abandonnée. »

« Nous avons besoin que le gouvernement nous reconnaisse enfin comme des victimes. »

Mettre des mots sur l’injustice permet parfois de reprendre possession de son histoire.

Quand la peur doit changer de camp

Extrait d’un récit de vie retraçant une période charnière de l’adolescence.
Un témoignage intime autour de l’exil, de l’emprise et du chemin vers la reconstruction.

« C’est alors que j’ai vu, avec une netteté douloureuse, ce qui jusque-là m’échappait. Une forme de violence que je n’ai jamais cru possible. Une violence sans mots ni gestes, et pourtant écrasante. Celle de la domination, de l’emprise et de l’humiliation. »

« Car ils savent que je n’aurai pas la force d’aller plus loin et que persister reviendrait à me condamner. Alors je les quitte, pour me reconstruire loin de Dakar. »

Mettre des mots sur ce qui a été vécu, c’est parfois la première étape pour s’en libérer.

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